Étiquette : sciences sociales

La France au bord du chaos ?

La théorie structurelle-démographique, proposée par Goldstone (1991) puis développée par Peter Turchin et ses collègues, offre un cadre pour relier ces événements à des processus de longue durée. Elle conçoit les grands changements institutionnels comme le résultat de tensions qui s’accumulent lorsque les institutions ne s’ajustent plus aux changements démographiques. En ce sens, cette théorie propose une forme de « sismologie » des institutions : De même qu’un séisme qui est la résultante du relâchement de pressions accumulée sur une faille géologique et dont on ne peut prédire exactement ni sa force ni quand il se produira , il s’agit d’enquêter sur les conditions de possibilités d’un changement majeur, sans prétendre en prédire l’occurrence ou l’ampleur.

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Les Événements et la Méthode

On peut comprendre un événement comme l’avènement d’une nouveauté. Caractériser une chose comme étant un événement ou non dépend toutefois de ce sur quoi nous portons notre attention. Cet article propose de comprendre des nouveautés comme des manifestations de formes d’émergences, fortes ou faibles, selon qu’elles soient réductibles ou non aux propriétés sur lesquelles nous portions antérieurement notre intérêt. Pour cela, il esquisse une interprétation relationnelle de l’émergence dans différents domaines tels que la physique, la biologie et les sciences sociales, permettant notamment de comprendre l’efficacité des mathématiques dans certains domaines. Enfin, l’article propose de dépasser le cadre méthodologique traditionnel de l’approche hypothético-déductive, en conjuguant l’interprétation relationnelle avec la méthode abductive de l’enquête pragmatiste, afin de mieux composer avec l’émergence de ces nouveautés.

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Historicité et Ouverture

Observer des régularités et définir des observables pertinentes dans l’étude des systèmes sociaux est une tâche ardue […] Dans cette perspective nous mettrons la focale sur la biologie en tant qu’interface épistémologique entre les sciences physiques et les sciences sociales. Nous verrons comment elle peut nous permettre de développer des outils généraux et pertinents pour traiter l’historicité (le rôle joué par l’histoire du système dans son évolution) et l’ouverture du système d’intérêt sur son environnement. Dans un premier temps, en comprenant le rôle du dispositif expérimental sur la variabilité des organismes. Puis, dans un second temps, la manière dont le découplage temporel entre des processus permet une forme de reconstruction « in vivo » du rôle joué par ces dispositifs expérimentaux. Enfin, nous développerons la perspective d’appliquer ces outils aux systèmes sociaux et les limites de cette extension.

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Le social comme langage

Qu’est-ce que le « social » ? C’est la question d’ouverture du dernier chapitre du livre Logics of History de William Sewell. Le « social » est une notion fondamentale des sciences sociales devenue commune, vague, saturée, qui a été noyée dans les multiples significations que les travaux sur le sujet lui ont donné au cours du temps.
Afin de prévenir le péril épistémique que le flou de la notion fondatrice des sciences sociales faisait courir à ces disciplines, Baker proposa une définition abstraite et générale du « social » comme signifiant :« la totalité des interdépendances dans les relations humaines ».

Cette définition constitue le point départ de la métaphore linguistique du social développée dans l’ultime chapitre du livre de Sewell. En suivant cette définition, comprendre ce qu’est le « social » revient donc à comprendre la manière dont est produite cette « interdépendance des relations humaines ».

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